Soucieux de constater que dans de nombreux pays les conflits armés se poursuivent, que l'économie est détruite, que la répression politique s'étend, soucieux de constater que des milliers de civils doivent quitter leur pays au péril de leur vie sur des embarcations pourries à la recherche d'un port sûr,
Soucieux de constater que dans ce processus leurs droits en tant qu'êtres humains sont gravement affectés et qu'ils subissent des traumatismes psychiques et physiques, des traitements punitifs en les privant de liberté pour une période indéterminée et ceci dans des pays signataires de diverses conventions des Nations Unies relatives à la protection des droits humains en particulier ceux des personnes les plus vulnérables,
Reconnaissant que parmi ces milliers de migrants qui se sont noyés en Méditerranée et dans l'Océan indien, sont des femmes et des enfants,
Notant que chaque pays a ses propres lois concernant l'immigration et la protection des frontières,
Sachant toutefois que tous les Etats membres de l'ONU sont liés par les Conventions internationales sur les droits de l'Homme en particulier, soit :
• La Convention des Nations Unies sur les droits de l'Enfant de 1989
• La Convention sur l'élimination de toute forme de discriminations envers les Femmes de 1979 (CEDAW)
• La Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948
• La Résolution du Conseil de Sécurité de l'ONU 1325 du 31 octobre 2000
• La Convention des Nations Unies contre le Crime Organisé transnational de 2000.
• Le Protocole contre l'importation illégale de migrants par terre, air ou mer, supplément de la Convention des Nations Unies contre le Crime Organisé transnational de 2004,
LE CONSEIL INTERNATIONAL DES FEMMES Demande instamment à ses Conseils Nationaux d'attirer l'attention de leurs gouvernements sur :
la nécessité de modifier leurs lois, leur politique et leurs bonnes pratiques en fonction des conventions de l'ONU et autres instruments internationaux relatifs aux femmes et aux enfants migrants ;
la prise en considération des enfants comme objectif primordial ;
la nécessité de prévenir la violence contre les femmes et les filles en situation de migrantes;
et sur la prévention de détentions arbitraires, punitives et de durée indéterminée selon les principes internationaux des Nations Unies et les critères d'application en matière de détention des demandeurs d'asile promues par le UNHCR et la CEDAW et en vertu de la recommandation 32 en faveur des femmes et des enfants avec le statut de réfugiés, des demandeurs d'asile avec nationalité ou sans nationalité, récemment promulguée par le Comité de la CEDAW en novembre 2014.
—
— Source : Conseil International des Femmes (CIF/ICW) — 34ème Assemblée générale, Izmir, République de Turquie, mai/juin 2015. Résolution n° 7.